Mission

Motto est un organisme à but non lucratif et une plateforme artistique dédiée à la production, la diffusion et la promotion d’œuvres théâtrales contemporaines d’ici et d’ailleurs. Engagé auprès de la communauté artistique montréalaise, il vise à rendre le théâtre accessible à un large public. L’organisme se distingue par ses choix de textes issus de la dramaturgie contemporaine, en y prélevant des échos de notre société pour en proposer des relectures actuelles et inédites.

Son fonctionnement repose sur des cycles : une phrase, une tension ou une image qui devient le point de départ de la recherche, de l'écriture et/ou de la mise en scène. Chaque cycle agit comme moteur et boussole, guidant les artistes et articulant plusieurs projets — spectacles, formes courtes ou laboratoires — qui résonnent entre eux. Cette approche permet de penser la création dans la durée, dans l’accumulation et la friction des formes.

Au cœur de son processus, Motto privilégie l’écriture de plateau et l’accompagnement dramaturgique. L’organisme sélectionne des textes de la nouvelle dramaturgie ou des matériaux non théâtraux, qu’il transpose au plateau dans une version inédite ou une refonte singulière, en dialogue avec les créateurs d’aujourd’hui.

Historique

Photo: Gaëlle Leroyer

Né de la rencontre entre deux trajectoires marquantes de la création théâtrale montréalaise, Motto s’inscrit dans la continuité des démarches du Théâtre Point d’Orgue et de La Bataille, deux compagnies qui ont façonné la scène montréalaise depuis le tournant des années 2010. Loin de repartir à zéro, l’organisme assume l’héritage de ces expériences collectives et s’inscrit dans leur filiation. Ainsi, en 2028, Motto soulignera vingt années ininterrompues de création théâtrale.

Théâtre Point d’Orgue, fondé en 2008 par un groupe d’artistes dont Louis-Karl Tremblay assurait la direction artistique, s’est donné pour mission de créer des événements singuliers et choraux. Sa première production, Les Troyennes d’Euripide adaptée par Jean-Paul Sartre (2009), remporte le prix de la meilleure équipe de scène au Gala Carte Premières et marque l’entrée remarquée de l’organisme sur la scène montréalaise. Suivent Yvonne, Princesse de Bourgogne de Witold Gombrowicz au Théâtre Prospero (2011), Les Atrides (2013), finaliste pour le prix de la critique de la meilleure mise en scène, puis Ombre Eurydice Parle d’Elfriede Jelinek (2019) et Mademoiselle Agnès de Rebekka Kricheldorf (2022) au Théâtre Prospero. Ce dernier succès mène à une reprise au Théâtre du Rideau Vert (2024) et au Carrefour international de théâtre de Québec. L’organisme poursuit son élan en 2024-2025 avec Ma petite pouliche de Paco Bezerra à La Licorne et All of it d’Alistair McDowall, traduit par Fanny Britt, au Théâtre de Quat’sous.

La Bataille naît de l’élan d’un collectif d’artistes mené par l’auteur et metteur en scène Sébastien David, dont les créations marquent par leur audace et leur modernité. Parmi elles : En attendant Gaudreault précédé de Ta yeule Kathleen (2010-2012), présenté au OFFTA, au Théâtre d’Aujourd’hui et en tournée montréalaise, récipiendaire du Prix auteur dramatique Banque Laurentienne ; Les morb(y)des (2012-2013), présenté au Festival du Jamais Lu, au Théâtre de Quat’sous et à la Comédie-Française à Paris, où il est couronné Choix du public ; Scratch de Charlotte Corbeil-Coleman à La Licorne (2014) ; et Dimanche napalm au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui (2016). Chaque production de La Bataille s’affirme comme un geste radical, porté par une écriture actuelle et percutante.

De ces deux histoires collectives, nourries par des parcours complémentaires et des esthétiques affirmées, naît en 2025 la bannière commune Motto. Héritier des explorations scéniques de ses organismes fondateurs, Motto poursuit son existence sous un nouveau nom, porté par la codirection artistique de Louis-Karl Tremblay et Sébastien David, et s’engage à concevoir le théâtre contemporain par cycles thématiques.

En 2026-2027, Motto produira la reprise du succès Tout ça au Quat’sous et entamera son premier cycle de création, Pop et patriarcat. Ce cycle explore les eaux troubles de la culture populaire et ses rapports avec le pouvoir, le genre et les récits dominants. Il pose la question : comment le patriarcat participe à la fabrication des figures et symboles de la pop culture — et comment peuvent-ils, parfois, le fissurer ?